« Du travail, du talent, du temps pour, in fine, produire de grands vins. Au pied du village de Villecroze, dans un écrin de 300 hectares de nature, le Château Thuerry cultive l’Exception. C’est d’ailleurs ainsi que Jean-Louis Croquet, son propriétaire, a baptisé ses plus belles cuvées. »
Deux kilomètres et demi d’un chemin privé entre bosquets et lavandes, un dernier virage et on l’on découvre enfin le Château Thuerry. Le contraste est saisissant ! Il y a la bâtisse principale dont l’origine remonte à plusieurs siècles en arrière, au temps des Templier. Elle déroule cent mètres de façade ocre, rythmés par les tourelles et les contreforts. Et, en dessous, crevant les flancs de la colline, la cave, immense, imposante. C’est une cathédrale de béton, un monument ultra moderne élevé à la gloire du vin.
A l’intérieur, sous neuf mètres de plafond, un cellier, des barriques alignées sur des dizaines de mètres et une cuverie magnifique avec, notamment, les quatorze cuves principales (dont deux en bois, de 100 hectolitres chacune), agencées en cercle pour être nourries aisément par une goulotte qui distribue par gravité la vendange toute fraîche, intacte. Un livre a consacré l’endroit parmi les trente plus beaux chais du monde. Depuis, la formule a fait florès. Succès mérité !
La cave n’est pas seulement belle ; elle est performante, à même de satisfaire les ambitions de son propriétaire : Jean-Louis Croquet. Ce Breton amoureux de rugby et de bons vins a débarqué en Provence à la fin des années 90, au terme d’une vie professionnelle bien remplie qui l’a menée à la présidence du groupe Taylor Nelson Sofres, l’un des leaders mondiaux des études marketing et d’opinion. Le genre de “job en or” auquel, d’habitude, on s’accroche. Lui, il l’a quitté un beau jour pour rejoindre les rangs paysans. « Quand on a une passion, il faut l’assouvir. Pas trop tard. Et surtout pas à moitié. »
Non, ça c’est sûr : notre homme n’est pas du genre à faire les choses à moitié. Alors, quand il se met en tête de faire du vin, il veut ce qui se fait de mieux. C’est ainsi qu’à l’aube du nouveau millénaire, il entame une quête improbable : celle d’un rouge qui, sans renier le caractère de sa Provence natale, jouerait dans la cour des Grands, au milieu des crus bordelais et bourguignons. Il lui faudra plusieurs années de labeur et d’essais mais il va finir par décrocher son Graal : L’Exception.
Intense, élégant et puissant, ce vin porte bien son nom. Déclaré en Vin de Pays des Coteaux du Verdon, il est le fruit de la rencontre du terroir du Haut-Var (sol argilo-calcaire, ensoleillement maximal, forte amplitude thermique entre le jour et la nuit), de deux cépages venus d’ailleurs (le cabernet-sauvignon et le merlot, chers aux Bordelais) et du savoir-faire de deux professionnels : Serge Gombert, le directeur d’exploitation, et Daniel Péraldi, l’œnologue-conseil de la maison. Du travail de la terre aux assemblages, ce duo ne laisse rien au hasard et cela se sent.
Depuis les premiers pas de l’Exception, la famille Château Thuerry s’est considérablement agrandi. Ce grand rouge compte aujourd’hui quatre petits frères : L’Exception 2 (dites “L’Exception au carré”) , L’Exception blanc fait de sémillon, Légende d’automne, un sémillon moelleux vinifié et élevé en barriques neuves, et L’Exception rosé, mariage du caladoc et du merlot. Ces cinq-là côtoient aujourd’hui leurs proches cousines : les cuvées Abeillons, estampillée Coteaux Varois en Provence, et Le Château, classée en Côtes de Provence. Une belle gamme qui, en quelques années, a installé Château Thuerry parmi les fleurons du vignoble provençal.

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