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Les vins de Provence

Le paysage particulièrement varié et balayé par le mistral, un climat ensoleillé, chaud et sec font partie des variantes qui donnent à la Provence son caractère si singulier et ses vins uniques au monde. Pour connaître ses vins, il faut connaître la Provence dans son intégralité.

Entre Méditerranée et Alpes, le vignoble provençal s’étend d'Ouest en Est sur près de 200 kms, principalement dans 3 départements : le Var, les Bouches-du-Rhône et, dans une moindre mesure, les Alpes-Maritimes.

Trois appellations majeures (représentant 96% du volume des vins d’appellations d’origine de la Provence) caractérisent ce vignoble :

-l'appellation Côtes de Provence 
et les dénominations de terroir Côtes de Provence Sainte-Victoire, Côtes de Provence Fréjus, Côtes de Provence Pierrefeu et Côtes de Provence La Londe,

-l'appellation Coteaux d'Aix-en-Provence,

-l'appellation Coteaux Varois en Provence.

 

La Provence représente 6% de la production française d’AOC, toutes couleurs confondues. La Provence est la 1ère région en France productrice de vins rosés AOC avec 38% de la production nationale, elle fournit environ 8% des rosés du monde.
 
Spécialiste historique des rosés limpides, fruités et généreux, le vignoble provençal n'en produit pas moins des rouges remarquables, puissants et charpentés pouvant vieillir plusieurs années en cave et des blancs aériens, tendres et délicats.

 

Histoire

A partir du IIe siècle avant J.-C., les Romains s'installent sur les terres colonisées quatre siècles plus tôt par les Phocéens qui, les premiers, y ont introduit la vigne. Ils développent la culture de la vigne et organisent la Provincia Romana : la Provence. C'est l'époque de la fondation du port militaire de Fréjus, Forum Julii et de la ville d'Aquae Sextiae, Aix-en-Provence. Puis Rome étend son empire et la vigne se glisse dans les pas des conquérants. C'est ainsi que le vignoble se fixe progressivement dans d'autres régions gauloises : Vallée du Rhône, Beaujolais, Bourgogne, Gascogne et Bordelais.

L'influence des moines et des nobles.

Après la chute de l'Empire Romain, il faudra attendre le Haut Moyen Age pour voir la vigne se développer à nouveau en Provence, sous l'influence cette fois des grands ordres monastiques. Du Ve siècle au XIIe siècle, les abbayes de Saint-Victor à Marseille, Saint-Honorat sur les Iles de Lérins, au large de Cannes, Saint-Pons à Nice et du Thoronet produisent du vin qui n'est pas uniquement destiné à la consommation des moines ou à l'élaboration de vin de messe. Soigneusement commercialisé, il contribue notablement aux revenus des établissements monastiques. A partir du XIVe siècle, les grandes familles nobles, les notables du royaume puis les grands officiers de l'armée royale vont acquérir et gérer de nombreux vignobles provençaux et construire les fondations de la Provence viticole moderne.

La crise du phylloxera.

Bien que touchée plus tardivement que les autres vignobles français, la Provence est atteinte, à partir de 1880, par le phylloxera vastatrix. Cet insecte, originaire de l'est des Etats-Unis, parasite des racines de la vigne, détruisit presque la totalité du vignoble provençal. Le greffage des plants français sur des plants américains résistants au phylloxera apporta la solution technique à la crise et permit de reconstruire le vignoble. Au prix de gros efforts techniques et financiers, le monde viticole provençal se rétablit peu à peu.

Les bases de la viticulture moderne.

Au tout début du XXe siècle, de nouvelles difficultés, liées à la surproduction, apparaissent. De nombreux viticulteurs sentirent alors la nécessité de se grouper pour mieux faire face aux difficultés. Le mouvement coopératif était né. En 1935, l'Institut National des Appellations d'Origine (INAO) est créé. Il reçoit pour mission la définition et la fixation par décret du terroir et des conditions de production de chaque appellation d'origine. Pour préserver et renforcer l'identité de leurs vins, les viticulteurs provençaux, forts de leurs 2 600 ans d'histoire, commencent alors la longue marche vers l'Appellation d'Origine Contrôlée.


Géologie et climat

Un relief particulièrement diversifié.

Deux grands ensembles géologiques, l'un cristallin, l'autre calcaire, coexistent en Provence. L’ouest et le nord du vignoble provençal sont constitués d'une alternance de collines et de barres calcaires. On y trouve des sites remarquables tels la montagne Sainte-Victoire, le massif de la Sainte-Baume ou encore les Gorges du Verdon.
Plus à l'Est, face à la mer, affleurent les massifs cristallins des Maures et du Tanneron.
Très différents des précédents, les paysages sont composés de collines et de petites montagnes aux courbes plus douces, couvertes de végétation arbustive et de forêts.
En continuant vers l'Est, entre Saint-Tropez et Cannes, cet ensemble cristallin est troué de traînées éruptives aux roches souvent étonnantes comme les porphyres colorés du massif volcanique de l'Estérel.

Des sols généralement pauvres et bien drainés.

A ces deux ensembles géologiques, calcaire et cristallin, correspondent deux formations végétales caractéristiques de la zone méditerranéenne : la garrigue sur sol calcaire et le maquis sur sol cristallin. Aucun de ces deux types de végétation ne peut constituer d'importants apports en humus. En règle générale, les sols de la Provence viticole sont donc pauvres, bien drainés mais souvent sensibles à l'érosion. Ces terrains peu profonds, sans excès d'humidité, conviennent parfaitement à la plante méditerranéenne qu'est la vigne.

Un climat méditerranéen, ensoleillé, chaud et sec.

L'ensoleillement est la première caractéristique du climat provençal avec 2700 à 2900 heures par an. Les températures sont particulièrement élevées en été, mais la diversité du relief ménage souvent à peu de distance, des différences importantes. Comme toute zone méditerranéenne, la Provence reçoit ses précipitations, parfois violentes, en automne et au printemps. Les étés sont secs et chauds, parfois brûlants dans l'intérieur, lors des journées sans vent.

Le Mistral, violent mais bénéfique à la vigne.

Les vents sont nombreux en Provence et font partie intégrante du climat de la région. Le plus fort et le plus connu est bien entendu le Mistral. Glacial en hiver après avoir glissé sur les neiges alpines, il apporte en été une certaine fraîcheur. Violent et capricieux, le Mistral n'en possède pas moins une qualité remarquable pour le vignoble provençal : vent très sec, il protège la vigne des attaques des maladies liées à l'humidité.